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Jérôme Guironnet, chargé de mission développement de l’économie circulaire à la COVATI (Communauté de communes des Vallées de la Tille et de l’Ignon) répond aux questions d’Upcyclea sur la démarche d’économie circulaire entreprise sur le territoire.


Upcyclea : Quelles sont les différentes étapes que vous avez mises en œuvre sur la COVATI en terme d’économie circulaire ?

La première étape, c’est de mobiliser les acteurs du territoire.

La COVATI est une communauté de communes ayant pris le parti d’orienter sa politique vers un programme d’économie circulaire. De ce fait, un premier atelier a été organisé pour les élus lors d’un conseil communautaire. La présentation du contexte et l’explication de la démarche, un peu vulgarisée pour que tout le monde comprenne, ont été suivies par la définition collective de « l’empreinte positive » souhaitée par les élus. Cet atelier autour de 8 thématiques générales a permis d’obtenir un livrable dévoilant les orientations et les objectifs prioritaires à atteindre.

Après un deuxième atelier de présentation du projet à l’ensemble des acteurs économiques et institutionnels ciblés, l’objectif du troisième atelier a été de caractériser tous les gisements et tous les matériaux présents sur le territoire. Cet atelier était spécifique à chacune des branches sur lesquelles le programme s’applique (BTP et aménagement / Agriculture et alimentation durable / Industrie et consommation responsable) et avait pour objectifs d’une part de remplir les questionnaires gisements, besoins, transformations et d’autres part de préfigurer les premiers écosystèmes en mettant en lien les acteurs concernés par un même matériau.

Ces réunions de travail collectif ont rassemblé une cinquantaine d’entreprises dont les échanges ont permis d’alimenter la base de données myUpcyclea.

 

« Pour le chargé de mission, cette plateforme est un outil très fonctionnel car déjà riche de beaucoup de matériaux dont les passeports circulaires, véritables cartes d’identité des matériaux. On ne part ainsi pas de zéro, ce qui facilite beaucoup la démarche. »

De plus, le fait que les explications soient simples et facilement compréhensibles pour tout le monde, ça a très bien marché puisqu’on a eu beaucoup de monde (une cinquantaine de personnes).

La deuxième étape sera la pérennisation des écosystèmes.

Dans un premier temps, la gestion des écosystèmes (recueil des besoins et mise en relation avec les transformateurs et les propriétaires de gisements) est mise en oeuvre par le chargé de mission qui doit définir, en fonction de la fréquence des demandes et de la maturité de l’écosystème, à quelle entreprise déléguer la possibilité de gestion propre des demandes via des comptes clients dédiés. Ces dernières pourront renseigner sur la plateforme les différents besoins et gisement de matières usagées. Avec une petite formation, ces actions deviendront de moins en moins chronophage à la fois pour elles et pour le chargé de mission.

En conclusion, sur la phase de mobilisation, le fait d’avoir déjà des matrices à utiliser, des contenus, des outils qui permettent de mobiliser, c’est un réel avantage.

Upcyclea : Comment qualifieriez-vous l’accompagnement proposé par Upcyclea ?

Il y a vraiment un accompagnement qui est très suivi, performant et complet. Quand je pose une question par email sur des demandes spécifiques, l’équipe est réactive et la réponse précise. On n’a vraiment pas la sensation d’être laissé en marge. Au contraire, on est acteur et ça, c’est vraiment agréable. Les objectifs sont très clairs et les préparations des ateliers ne nous mettent pas à l’écart. Le fait que les ingénieures d’Upcyclea se déplacent en nombre, et qu’elles soient là pour préparer les ateliers, c’est un gros plus.

Avoir une formation personnalisée avec les tutoriels et les exercices d’application permet de mieux comprendre ce qu’on peut faire, ce qu’on ne peut pas faire, les blocages, etc. Et bien sûr, le fait d’avoir une formation sur la création des écosystèmes, c’est un gros avantage.

En plus, c’est agréable de travailler sur l’outil. Grâce au contenu de formation, puis à la mise en pratique étape par étape, ça permet d’être facilement autonome.

Upcyclea : D’un point de vue outil, quels sont les fonctionnalités de myUpcyclea à mettre en avant selon vous ?

Je dirais que les passeports circulaires sont extrêmement intéressants, puisque ça permet aux différents utilisateurs de parler de la même chose. On va pouvoir créer des écosystèmes en ayant un matériau qui soit bien défini, c’est à dire qu’on a la possibilité de décrire les matériaux le plus précisément possible, jusqu’ à leurs compositions la plus détaillée.

Par exemple, je travaille sur les pare-brises et les verres feuilletés provenant de menuiseries. C’est compliqué à recycler sur le territoire mais si on regarde de plus près la composition de ces deux « déchets » on s’aperçoit qu’ils contiennent des matériaux comme le PVB qui est une matière première relativement chère avec un fort potentiel de réutilisation. Il peut alors s’avérer rentable de déconstruire et de valoriser le verre, le métal, le bois ou le PVC grâce à la revente d’un matériau à forte valeur ajoutée.

La plateforme myUpcyclea permet d’en prendre connaissance dans la mesure où, avec toute la base de données existante, lorsque vous cherchez un matériau, vous avez accès à l’ensemble de sa composition. La quantité de matériaux renseignée dans myUpcyclea assure la qualité de la base de données, et ça c’est une fonctionnalité qui est vraiment très importante, à condition de se donner les moyens, en temps notamment, de l’analyser en profondeur.

L’aspect intuitif et ergonomique est très agréable. Ça permet de naviguer d’un rôle à l’autre très simplement. Je dirais même que c’est très facile à prendre en main.

C’est un travail qui est peut-être fastidieux au départ parce que c’est très chronophage, mais c’est un investissement.

Upcyclea : Comment les entreprises du territoire ont accueilli l’utilisation d’un outil numérique pour cette démarche ?

Pour les entreprises, le fait d’utiliser une plateforme numérique a rapidement été identifié comme un levier. S’appuyer sur un outil numérique est quelque chose de facilitant et de positif, si une formation et une explication précises sont dispensées aux entreprises dont le potentiel est jugé intéressant.

Dans tous les cas, les entreprises attendent des actions concrètes et cela peu importe le moyen de mise en œuvre de ces actions.

Upcyclea : Quels seraient les trois avantages que vous donneriez à un homologue qui hésiterait encore à franchir le pas même?

Le premier avantage est que l’outil est un facilitateur pour organiser la gestion globale d’un programme d’économie circulaire et une réponse possible pour la mise en œuvre des évolutions réglementaires. En ayant accès à une base de passeports circulaires qui est extrêmement pratique pour effectuer son diagnostic des gisements, des besoins et des capacités de transformations sur le territoire, on évite de perdre des données car tout est renseigné dans la plateforme et enregistré de manière numérique.

Le second avantage est la perspective d’évolution de l’outil. Son ouverture laissée ou non aux entreprises permet d’avoir accès à de nouveaux éléments qui seront progressivement remplis par ces entreprises ; les effets de la communauté sur la plateforme seront un vrai plus pour la suite puisque chacun des acteurs va incrémenter la base de données et ainsi enrichir les possibilités d’écosystème grâce au partage de connaissances.

Le troisième avantage, c’est le gain de temps. Grâce à ses fonctionnalités, l’outil permet de dupliquer, de créer, de faire des liens, de communiquer de façon très intuitive et facile.

 



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